Qu’attendions-nous donc de ces minots qu’on jetait dans l’arène du Parc des Princes ? Simplement qu’ils se défendent becs et ongles et qu’importe le résultat… Que l’on soit fier à la fin de la rencontre d’être marseillais et du centre de formation olympien.
Et bien, nous sommes servis et copieusement ! Car au niveau de l’envie, on a bien vu une équipe de jeunes qui ne voulait pas lâcher, coûte que coûte… Deux sauvetages sur la ligne, des tacles rageurs, des remontées de balles intéressantes, il n’aura finalement manqué qu’un petit peu plus de culot aux jeunes pousses olympiennes qui ont semble-t-il eu peur, à certain moment, de se découvrir un tant soit peu pour aller titiller Letizi.
Mais qu’à cela ne tienne, on va se satisfaire largement de ce match nul qui peut être considéré comme un véritable exploit. Car à l’entame de la rencontre, ils étaient cinq à découvrir la Ligue 1 (Pradié, Bocaly, Gastine, N’Diaye et Dennoun). Pour Cantareil, capitaine d’un soir, c’était quasiment identique même s’il évolue avec le groupe pro depuis quelques mois maintenant. Et avec tout ça, on n’aura pas beaucoup vu les stars du PSG : Pauleta fut inexistant à cause d’un Andre Luis et d’un Civelli des grands soirs sans oublier le petit Pradié, Landrin et Rodriguez impuissants… seuls peut-être Rothen et Kalou auront essayé de forcer le verrou marseillais mais en vain !
L’OM allait donc fausser le championnat ! L’OM ne respectait pas la Ligue 1 ! L’OM n’avait pas raison d’empêcher ses supporters de venir, la sécurité étant assurée ! Autant de petites phrases que certains auraient mieux fait de ne pas prononcer. Car si l’OM repart avec un bon match nul, on n’oubliera pas non plus les cris de singes – que les commentateurs de Canal + n’ont bizarrement pas entendus – qui seront sortis des tribunes à chaque fois que certains marseillais touchaient le ballon (Mam. N’Diaye ou Bocaly entre autres).
C’est ça le football ! C’est ça qu’on veut entendre ou voir ! Non, bien sûr que non… En tant que supporters de l’OM, on préfère entendre les minots phocéens chanter les refrains des virages à la fin du match, on préfère les voir tout sourire sur OMTV au micro de Jean-Charles De Bono en train de réaliser des interviews d’illustres inconnus. Car si le football passionne autant les foules, c’est bien en partie pour cette raison : celle qui fait qu’un match n’est jamais gagné d’avance, n’en déplaise à nos amis parisiens. Une fois n’est pas coutume, donnons le mot de la fin à José Anigo qui n’hésitait pas à déclarer : "Maintenant, je peux vous dire que les Parisiens vont se soigner avec de gros antibiotiques car ils sont vraiment malades là !". Sacré José, il n’en perd pas une…
Les moments forts du match
Les notes des joueurs
Carrasso (7) : Le dernier rempart de cette équipe de minots a parfaitement rempli son rôle en rassurant tout le temps sa défense. Très présent dans sa surface, il a été impeccable sur les innombrables ballons aériens parisiens. Il a seulement fait deux erreurs sur des interventions hasardeuses payées cash avec deux tirs sauvés sur la ligne par Gastine et Civelli.
Cantareil (7) : Le capitaine de la jeune troupe olympienne a livré un match intelligent sur son côté gauche. Peu souvent battu dans les duels, il a tenté de relancer correctement avec certes à la clé quelques ballons perdus mais toujours sans conséquence.
Pradié (7) : Un match en toute en sobriété et en discrétion pour ce défenseur pas très grand de taille mais rudement efficace. À l’image de Cantareil, il a été très discipliné dans ses interventions.
André Luis (7,5) : Sa présence dans l’axe de la défense marseillaise a été la clé du match car il a rassuré les autres joueurs. Grâce à son jeu de tête impressionnant, il a été sur tous les ballons aériens. Les attaques parisiennes se sont souvent cassé les dents sur le roc André Luis.
Civelli (7,5) : Le jeune Argentin a confirmé tout le bien que l’on pensait de lui. Il a comme André Luis fait valoir sa puissance à la fois physique et aérienne. Un ballon pris de la tête à Pauleta par là, un coup d’épaule à Rothen par ci : il nous a régalé par sa sérénité. Auteur d'un sauvetage sur la ligne dans les derniers minutes sur un tir de Pancrate.
Bocaly (7,5) : S’il fallait une révélation chez les minots c’est bien le benjamin des minots qui a crevé l’écran. Dans son couloir droit, le jeune défenseur de l’équipe de France des moins de 18 ans a été épatant. Solide et explosif dans ses interventions, il s’est battu royalement. Face à Rothen en seconde mi-temps, il a été plus mis en difficulté, mais il n’a rien lâché jusqu’au bout malgré la fatigue. Chapeau.
Delfim (7) : André Luis patron de la défense, Delfim patron du milieu : avec ces deux leaders l’OM a tenu bon. Le portuguais dans une position défensive devant la défense a parfaitement orchestré le pressing dense dans l’entrejeu. Résultat, les Parisiens ne sont quasiment jamais passés dans l’axe. Un travail de sape essentiel.
Gastine (6,5) : En difficulté balle au pied, le milieu de terrain marseillais s’est montré beaucoup plus précieux défensivement. À la récupération, il a gêné les milieux parisiens et n’a pas ménagé ses efforts jusqu’à sa sortie sur une semelle de Landrin non sanctionnée d’un carton jaune par le laxiste M.Sars. N’oublions surtout pas le sauvetage décisif de Gastine sur sa ligne après une frappe déviée de Paulo César.
Dennoun (6) : Il s’est efforcé avec beaucoup de discipline de venir bloquer le couloir gauche parisien. Un peu à l’image de Gastine, il a eu du mal à garder le ballon, mais a bien bloqué et gêné les actions parisiennes.
Mam. N’Diaye (6,5) : Le seul olympien en première mi-temps à pouvoir mettre de difficulté balle au pied les défenseurs parisiens. Ces derniers à l’image de Mendy et de M’Bami ne trouvaient rien de mieux que de descendre à chaque accélération le vif ailier marseillais. Si sa rapidité est son point fort, sa condition physique est son point faible. Il n’a pas tenu la distance avec une seconde période difficile. Les dernières minutes furent longues pour lui car la blessure de Flachi l’a obligé à rester sur le terrain jusqu’au bout.
Gimenez (5) : Le joueur le plus expérimenté sur le terrain s’est montré le plus décevant. Dans un rôle il est vrai très ingrat, l’Argentin n’est pas été le pivot offensif attendu. Les ballons vers Gimenez ne furent certes guère précis, mais on peut regretter son manque de conviction par moments. Auteur de deux tentatives cadrées sur une tête et un tir en pivot pas assez appuyés.
Flachi : Le petit milieu offensif marseillais issu du club d’Aubagne a fait une bonne rentrée en démontrant sa vivacité balle au pied. S’il a perdu quelques ballons, il aurait pu se montrer encore plus précieux en fin de match s’il n’avait pas dû céder sa place après un vilain claquage. Il gardera quand même un bon souvenir de ses premiers pas en Ligue 1.
Diop : Le longiligne olympien plus habitué à jouer dans l’axe a dû venir prêter main forte à Bocaly sur le côté droit. Comme tous ses coéquipiers, il est resté très attentif et discipliné.
N’Gom : Arrivé depuis peu à Marseille, ce joueur offensif a manqué de conviction et a semblé un peu nonchalant. Un comble.